Charlotte Matzneff
Comédienne et metteuse en scène formée à l'École Claude Mathieu, Charlotte Matzneff codirige Le Grenier de Babouchka avec Jean-Philippe Daguerre. Elle a mis en scène Les Trois Mousquetaires, Les Téméraires et Le Chant des lions, nommé en 2026 au Molière du metteur en scène dans un spectacle de théâtre privé.

Distinctions
- 2026 - Nomination au Molière du metteur en scène dans un spectacle de théâtre privé - Les Molières - Le Chant des lions
- 2026 - Nomination au Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé - Les Molières - La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob
- 2026 - Molière de la révélation féminine (Marina Pangos, dans sa mise en scène) - Les Molières - Le Chant des lions
- 2024 - Nomination au Molière de la comédienne dans un second rôle - Les Molières - Le Huitième Ciel
- 2021 - Coup de cœur du Festival OFF d'Avignon - Le Parisien - Les Trois Mousquetaires
Molière Nomination aux Molières
Parcours
Formée à l'École Claude Mathieu, Charlotte Matzneff fonde en 2003 la compagnie Le Grenier de Babouchka, qu'elle codirige avec Jean-Philippe Daguerre. Comédienne, elle joue dans nombre de ses mises en scène : Le Bourgeois gentilhomme au Théâtre de la Porte Saint-Martin, Le Cid et Cyrano de Bergerac au Théâtre le Ranelagh, Adieu Monsieur Haffmann, lauréat de quatre Molières en 2018, ou Le Petit Coiffeur. Au cinéma, elle tourne notamment dans La Chambre des officiers de François Dupeyron.
Elle signe sa première mise en scène en 2017 avec Le Médecin malgré lui de Molière, transposé en Russie, joué au Théâtre Michel puis en tournée. Suivent Arlequin serviteur de deux maîtres de Carlo Goldoni, créé en 2019 au Festival d'Avignon au Théâtre du Roi René puis repris au Théâtre le Ranelagh, et Les Trois Mousquetaires d'après Alexandre Dumas, qu'elle adapte avec Jean-Philippe Daguerre, créés au Ranelagh puis repris au Théâtre Montparnasse et au Théâtre du Palais-Royal. En 2023, elle met en scène Les Téméraires de Julien Delpech et Alexandre Foulon à la Comédie Bastille.
En 2024, elle est nommée au Molière de la comédienne dans un second rôle pour Le Huitième Ciel de Jean-Philippe Daguerre. Elle présente au Festival d'Avignon 2025 Le Chant des lions de Julien Delpech et Alexandre Foulon, repris en 2026 au Théâtre Tristan-Bernard : le spectacle reçoit trois nominations aux Molières 2026, dont celle du metteur en scène dans un spectacle de théâtre privé, et le Molière de la révélation féminine pour Marina Pangos. La même année, elle est nommée au Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre privé pour La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob et met en scène L'Affaire Petiot de Philippe Touzet au Festival d'Avignon. Les Trois Mousquetaires sont à l'affiche du Théâtre Antoine à partir d'octobre 2026.
Charlotte Matzneff répond
Comment définiriez-vous votre style de mise en scène ?
J'aime le théâtre populaire, au sens noble du terme. Le théâtre qui permet, grâce à différentes grilles de lecture, d'être accessible à tous. Un théâtre qui ne met personne à la porte. J'aime le théâtre qui parle à notre cœur avant de parler à notre tête. Il n'y a, à mon sens, pas meilleur moyen pour provoquer la réflexion. Le prisme de l'émotion est le meilleur vecteur pour aboutir à une véritable identification du spectateur et donc pour le conduire à la pensée critique. Faire vibrer d'émotions les spectateurs est ce que je cherche avant tout. La musique et le chant sont de ce fait omniprésents dans mes mises en scène. Le corps y est également très engagé. J'aime qu'un personnage se raconte avant tout par sa gestuelle. Mes mises en scène sont guidées par le rythme. Le rythme du corps, le rythme de la langue, le rythme de la musique. Je suis obsédée par le tempo du spectacle, celui intrinsèque à chaque scène et celui qui fait le tout d'un spectacle, celui qui unifie et qui rassemble, et qui fait que tous les comédiens sont à l'unisson pour raconter la même histoire.
Comment recrutez-vous vos comédien· nes ? Et qu'attendez-vous d'eux ?
Je les recrute sur audition généralement, mais il m'arrive aussi d'embaucher des comédiens en faisant confiance à mon instinct. J'ai engagé certaines personnes sans les avoir vues jouer parce qu'elles m'avaient été recommandées par des personnes de confiance et que je les sentais réceptives à mon travail. J'attends d'un comédien qu'il m'accorde sa confiance. Il me semble qu'on ne peut pas travailler sans avancer main dans la main. J'ai une passion dévorante pour les comédiens, les musiciens, les chanteurs, les danseurs et, de manière générale, pour tous les artistes qui sont au plateau. C'est eux qui font la saveur du plat. Si une idée est mauvaise, je la balaye très facilement. Mais pour me rendre compte de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, j'ai besoin, pour mieux diriger, de pouvoir essayer, de pouvoir effacer, de recommencer, et que le comédien me suive jusqu'au bout de mes idées.
Selon vous, quel est le rôle d'un metteur en scène ? Et comment faire une bonne mise en scène ?
Le rôle d'un metteur en scène est, avant tout, de raconter une histoire. Et pour servir au mieux une histoire, il faut sublimer les comédiens qui la racontent. Si le comédien est heureux de jouer et de défendre son rôle, la moitié, pour ne pas dire les trois quarts de notre mission, est remplie. J'imagine pas mal de choses avant de démarrer les répétitions, notamment l'univers dans lequel je veux voyager. Mais le plus important pour moi est de rester ouverte et disponible à toutes les propositions de mes comédiens. Je n'ai aucune idée figée sur la manière dont telle ou telle scène doit se dérouler. Ce qui est merveilleux pour moi, c'est de parvenir à mettre suffisamment mes comédiens en confiance pour qu'ils se sentent force de proposition et qu'ils ne se brident pas. Alors, on a tout gagné.
Quel est le plus gros challenge que vous avez rencontré dans votre carrière ?
Combattre ma timidité. C'est un challenge de tous les jours.
Quelles sont vos plus grandes influences ?
Évidemment, ma rencontre avec Jean-Philippe Daguerre est ma plus grande influence. Le voir diriger ses comédiens, le voir parvenir systématiquement à créer des groupes de gens qui s'accordent et se rendent mutuellement meilleurs est quelque chose que j'admire énormément chez lui. Encore une fois, il me semble qu'un comédien heureux est la clé du succès. Et Le Cercle de craie caucasien mis en scène par J.-M. Broucaret a été l'une de mes plus belles émotions au théâtre. Je crois que depuis, je ne cesse de chercher à provoquer chez les spectateurs l'émotion que j'ai vécue alors.
Quelle est la pièce ou le texte que vous rêveriez de monter ?
J'ai très envie de monter Roméo et Juliette. Je rêve également de faire une adaptation du roman Dracula de B. Stoker. Mais mon envie la plus forte est de rencontrer et de monter des auteurs vivants.
Que souhaitez-vous transmettre durant votre stage au sein du Libre Acteur ?
La joie d'être ensemble, de se rencontrer, de trouver un langage commun qui nous réunisse. D'expérience, je sais que ce langage varie d'un groupe à l'autre. Et c'est toujours une ivresse merveilleuse que de sentir qu'on finit par parler tous ensemble la même langue.
Travailler avec Charlotte ?
Les places sont limitées à douze stagiaires par session. Candidatez en ligne, nous répondons dans les meilleurs délais.
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